Confidences
Confidences
Ce que l’art de recevoir m’a appris
On me demande souvent pourquoi j’ai créé ONO Living.
La question revient, autour de l’art de recevoir, des maisons, des destinations — comme s’il s’agissait avant tout d’une quête esthétique.
On imagine la quête de la plus belle vue, du design parfait ou de l’adresse la plus secrète.
Tout cela existe, bien sûr. Mais avec le temps, ces questions ont laissé place à d’autres, plus silencieuses.
Ces confidences sont nées ainsi.
Au fil des maisons, des séjours et des rencontres, j’ai compris que l’essentiel était ailleurs.

L’art de recevoir, c’est laisser de la place :
On arrive souvent avec une valise pleine de projets, de listes et d’attentes. Pourtant, j’ai appris que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un, c’est de lui laisser de l’espace.
De l’espace pour son rythme. Pour ses pensées. Pour ne rien faire aussi.
Une maison réussie n’est pas celle qui multiplie les sollicitations, mais celle qui s’efface. Celle qui n’impose rien, mais rend tout possible. Elle offre un cadre, puis se retire.
C’est sans doute la première de ces confidences : recevoir, c’est d’abord savoir ne pas envahir.
Ce qui échappe :
On cherche parfois une perfection lisse, presque hôtelière. Elle rassure, mais elle peut être froide.
Avec le temps, j’ai compris que ce qui touche profondément, ce sont les histoires que racontent les lieux.
Une lumière qui change la perception d’une pièce.
Un détail que l’on n’avait pas remarqué au premier regard.
Une présence discrète qui rend le lieu habité.
Recevoir, c’est accepter que la beauté ne soit pas totalement maîtrisable.
Autre confidence : ce qui marque le plus est souvent ce qui échappe.
Laisser la place à la surprise dans l’art de recevoir :
Le voyage commence parfois avec une image déjà dessinée.
Un scénario imaginé bien avant l’arrivée, nourri de photos, de promesses, d’attentes silencieuses.
Ces images rassurent, mais elles peuvent aussi fermer le regard. Elles empêchent de voir ce qui est là, simplement : le caractère d’un lieu, ses nuances, ses imprévus — ceux-là mêmes qui lui donnent sa profondeur.
La surprise naît quand on accepte de relâcher ses certitudes.
Quand on cesse de comparer pour commencer à ressentir.
C’est souvent à cet endroit précis que le séjour prend une autre dimension.
Ce que l’on ne voit pas :
Derrière chaque séjour, il existe une chaîne humaine que l’on oublie souvent.
Des gestes précis, patients, presque invisibles.
Cette attention portée à ce qui ne se voit pas fait écho à d’autres réflexions sur l’hospitalité, notamment celles de Jacques Derrida dans De l’hospitalité.
La maison préparée avec soin.
Une attention ajustée à une demande singulière.
Des personnes qui connaissent les lieux, les rythmes, les attentes.
Ce sont peut-être mes confidences les plus précieuses : celles que l’on ne remarque pas toujours.
Et surtout, celles pour lesquelles je veux remercier nos partenaires locaux. Sans eux, rien ne serait possible.
Recevoir n’est pas une accumulation.
C’est une attention.
Une écoute.
Une façon de laisser advenir.
Et s’il ne devait rester qu’une chose de toutes ces années, ce serait celle-ci :
l’art de recevoir commence toujours par une forme de retrait.
Et vous —
y aurait-il une confidence que vous aimeriez me confier ?

